Campagne, vaches, bruits divers et souvent le calme et le silence.

Une fille sur un lit, une fille dans un lit. La vie en suspension en quelque sorte.

Du lieu qui nous accueille, à retenir, les tons bleus.

Brume sur l’océan. Pluie et grisaille. La couleur, on la trouve sur les planches à voile qui attendent le long de la plage. Sagement alignées dans l’espoir d’une éclaircie. Toutes les plages se ressemblent. On ne s’attarde pas !

Les villas se parent de couleurs douces au regard : bleu, blanc, un gris propre.

Je ne peux que penser au superbe texte d’Aragon : « Il y a toutes sortes de gris. Il y a le gris plein de rose qui est le reflet des deux Trianons. Il y a le gris bleu qui est un regret du ciel. Le gris beige couleur de la terre après la herse. Le gris du noir au blanc dont se patinent les marbres. Mais il y a un gris sale, un gris terrible, un gris jaune tirant sur le vert, un gris pareil à la poix, un enduit sans transparence, étouffant, même s'il est clair, un gris destin, un gris sans pardon, le gris qui fait le ciel terre à terre, ce gris qui est la palissade de l'hiver, la boue des nuages avant la neige, ce gris à douter des beaux jours, jamais et nulle part si désespérant qu'à Paris au-dessus de ce paysage de luxe, qu'il aplatit à ses pieds, petit, petit, lui le mur vaste et vide d'un firmament implacable, un dimanche matin de décembre au dessus de l'avenue du Bois. Aurélien, chapitre x.

J’aime profondément ce texte et je ne peux qu’y songer encore et encore. Il m’habite et souvent me sert de refuge.

Visite de la ville blanche, Guérande. Déambulation dans la vieille ville protégée par ses remparts.

Le lendemain ce sera le vert de l’étang. Les barques, la rivière, le paysage. Tout est vert sous la pluie de l’été.

Zoo d la Boissière du doré. Un air d’ailleurs. Il y a un vieil orang-outan, si fatigué, si ennuyé de la vie, de sa vie. Il a quarante-deux ans. C’est un vieux très vieux. Il ne sait que faire et le montre. Comme il nous ressemble dans cet ennui-là.

Je retiens de cette journée deux gestes de mère. Un singe (femelle) et son petit. Elle le protège des visiteurs, le soustrait à leur regard. Le soir, au gîte, une chatte nous attaque pensant que l’on lui avait ôté son petit. Alors que c’est simplement le désir de liberté qui le lui avait enlevé. Ce garnement découvrait l'autonomie.

De l’amour dans ces deux animaux.

Et même si on ne le veut pas, un peu de nous aussi.

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