Devant moi un carnet sur lequel j’ai collé un prospectus vantant les mérites du Moulin Rouge. Comme une évidence, il est, à mes yeux la représentation de la capitale.

Ai précisé : notes pas plus. Paresse de la voyageuse.

Dans le train. On roule, on somnole, on écrit, mal, pas de traits réguliers, on lit. Penser à mon arrivée à acheter un autre livre. Urgence !

Nous sommes trois. L’une d’entre nous feuillette attentivement le Guide du Routard. Elle le dévore. Presque le désir de l’apprendre par cœur. Une autre, c’est un roman policier qui l’accompagne La Disparue du Père Lachaise, histoire de se mettre dans l’ambiance. Une autre, dessine, rêve, feuillette un bd. Moi j’observe. Je note.

Paris, Tour Eiffel, Les Tuileries, Les Champs Elysées, les bateaux-mouches, La Place de l’Etoile. S’arrêter et regarder le bal des voitures. L’orage est là et nous, nous avons mal aux jambes.

Musée du Louvre, musée d’Orsay et les grands boulevards. Il nous faudrait du temps, beaucoup plus de temps. Se dire que l’on reviendra, demain, plus tard, mais revenir.

Musée Grévin. Se prendre au jeu sans complexes. Se photographier aux côtés des plus grands. Pour moi ce sera Sartre. On a de l’ambition ou pas !

Galerie de l’évolution. Se retrouver face aux animaux. Il y est question de vie de mort, de nous en sommes.

Le soir quartier du Marais. Promenade rêveuse rue des Rosiers. Promenade envieuse rue des Vosges. Repas gourmet dans un resto sympa : Camille. Prénom de fille, resto de garçons. A moins que ce ne soit l’inverse !

La dernière matinée se voudra dépaysante ! Le quartier chinois fera l’affaire. Pari réussi. Nous achetons asiatique, nous mangeons asiatique. Le rêve !

Mon carnet s’arrête là. Mais il contient de nombreux prospectus : musée du quai Branly ; musée Guimet musée des arts asiatiques. Les catacombes de Paris. Nous les découvrirons lors d’une autre expédition. Le musée Rodin. Comment ne pas aimer et surtout penser à Camille Claudel. Revoir le film.

Je suis surprise d’y découvrir aussi un certain nombre de cartes : intérieur de la Basilique Sacré-Cœur, la pyramide du Louvre, la cathédrale Notre- Dame, celle que je préfère. Je m’y rends chaque fois. Je l’aime grâce à Victor Hugo. Je n’y peux rien. Mes goûts sont imprégnés de mes lectures.

Paris pour moi, c’est aussi la ville des concours. J’y suis allée plusieurs fois, en tremblant. Dis S. tu t’en souviens ? Ton regard, ton sourire, ton soutien. C’était bien, Paris avec toi ! J’y ai accompagné ma fille, en tremblant.

Ce sont aussi les quais et le plaisir d’y acheter un livre. Toujours. Une fois, ce fut Balzac, Eugénie Grandet.

Je ne me lasse pas de cette capitale. Toujours y revenir. Toujours !

Et puis le cimetière du Père Lachaise. S’arrêter devant la tombe d'Apollinaire. Me souvient y avoir vu un jeune homme réciter un poème. C’était simple et beau. Et moi j’étais heureuse de l’entendre. Emue !

Laissons la parole au poète. Ecoutez sa voix, il souffle la mienne et lui donne vie.

Paris

J'ai vu Paris dans l'ombre
Hypogée où l'on riait trop
 Paris une grande améthyste
Ces soldats belges en troupe
Vieilles femmes habillées en Perrette
Après le pot-au-lait

L'officier-pilote raconte ses exploits

J'ai entendu la berloque
Mais quel sourire celui de celui qui eut sursis d'appel illimité
Ombre de la statue de Shakespeare sur le Boulevard Haussmann
Laideur des costumes civils des hommes qui ne sont pas partis
Les peintres travaillaient
Mon cœur t'adore

Guillaume Apollinaire(1880 - 1918)

 

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