~Lundi 4 janvier 2016

 

« Marguerite Marie et Madeleine

Il faut bien que les sœurs aillent par trois

Aux vitres j’écris quand il fait bien froid

Avec un doigt leur nom dans mon haleine ».

Aragon

Mes sœurs vont seules ou par deux pour à la fin ne former qu’un tout. Sur des photos , une ribambelle dans un jardin, une course folle autour d’un cerisier et en guise de trésors, des cailloux dans le jardin.

 

Mardi 5 janvier 2016

« Les beaux habits du soir un à un que l’on quitte

Tombent indolemment sur l’aube des planchers

On dirait que notre fantôme les habite. »

Aragon

 

Moi je les jette sur un lit défait, un sol usé et sans regrets les abandonne à leur nuit.

 

Mercredi 6 janvier 2016

« Je ne récrirai pas ma vie. Elle est devant moi sur la table

Elle est comme un cœur de chair arraché pantelant lamentable."

Aragon

 

Encore des roses rouges dans le jardin, sous le froid et le gel. C’est beau.

 

« O la nostalgie à retrouver de vieilles cartes postales

Où le ciel est toujours bleu l’arbre toujours vert la mer étale

Sans doute on ne les mets dans l’album que pour les photographies

Je suis seul à savoir ce que l’écriture au dos signifie

Les diminutifs les phrases banales ».

Aragon

 

Bien sûr nous partageons cela avec le poète, cette émotion de retrouver la trace de ce qui n’est plus, de celui ou celle qui n’est plus. Caresser leurs cartes bien que l’on n’ait à peine caresser leurs mains, celles-là mêmes qui les ont écrites !

Sur mon bureau, posée devant moi, une lette de mon père que je n’arrive pas à relire.

Retour à l'accueil