Vendredi 10 octobre 2014

Sous le souffle de Charles Juliet, Ténèbres en terre froide.

Ce cérémonial que tu dois accomplir avant de te mettre à écrire : boire ton café, sortir le chat, ouvrir portes et fenêtres, faire entre l’air du matin. Air frais, air chaud, qu’importe ! T’installer à ton bureau. Ouvrir le cahier déjà posé devant toi. Prendre ton stylo noir. Que du noir ! Vérifier la date, une fois, deux fois. Ecrire ! Et c’est ainsi tous les matins. Les mêmes gestes et le plaisir d’entendre le frottement du stylo sur la page.

Tu écris pour vivre, penser, rêver, créer, croire, espérer, aimer.

Ecrire, c’est se retrouver face à soi, c’est se retrouver face aux mots, c’est se confronter à la langue, au monde, aux autre, c’est espérer y parvenir. Ecrire, se confronter à la langue, au monde, aux autres. Acte solitaire, acte de solitude et étrangement si loin et si près de l’autre, lui lecteur possible et désiré. Se confronter à la langue, douter du mot, douter de la phrase. Douter de l’intérêt de ce que l’on dit. Se confronter au monde par cette langue qui souvent balbutie, dérape, échappe. Ecrire, c’est cela même, la langue, le monde, l’autre et notre solitude.

Ne pas pouvoir écrire ! impossible, impensable !

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