~Se souvenir des belles choses.

C’est ce qui est écrit sur la première page de mon journal. Et puis une illustration deux sœurs jumelles serrées l’une contre l’autre. J’aime.

Sur mon blog seulement quelques extraits.

En ouverture, j'ai souhaité une citation . « franchir le seuil Ô premier deuil. Comment s’effectue le passage du silence à l’écrit ? Un tremblement de l’écriture, parfois le révèle. Ce tremblement est provoqué par l’écoute, l’ultime et immémoriale écoute qui fait basculer la langue et la pensée. Mais le miracle est que la langue, loin d’être entamée, s’en trouve enrichie. » Edjmond Jabès, le Seuil, Le Sable.

Vendredi 5 septembre 2014

Chez le kiné, je suis assise sur un tabouret. Impossible de m’allonger. Alors il a bien fallu trouver une méthode. Il est derrière moi et appuie sur les zones douloureuses.

La radio trop forte m’indispose. Bruel parle du concert retransmis ce soir sur TF1. Cela m’ennuie mais si je ne veux plus penser à ma douleur, m’en détacher, je dois m’attacher à cette voix et à ce qui est dit. Je suis prête à entendre toutes les stupidités pour ne pas avoir mal.

A ma droite, il y a un superbe cadre. La mer bleue, des vagues. En face, un miroir. Le cadre s’y reflète et l’on a l’impression que la mer se prolonge sur tout le mur. C’est beau et apaisant. Moi, ce n’est pas au bord de la mer que je marche tous les jours. C’est une forêt de pins, de chênes qui m’accueille. Parfois j’y fais des rencontres. Aujourd’hui, seulement le chien et moi. Chaque jour, je refais le même trajet. Parfois je me pose contre l’écorce d’un arbre et je le remercie d’être. L’écorce est rude, fragmentée, à mon image.

Le livre que je lis « l’homme qui pleure les morts » est magnifique mais il devient trop triste. Je l’ai refermé, le reprendrai ce soir. J’y ai appris qu’au moment de la mort, l’ouïe persiste et que chaque parole prononcée est entendue. Ne pas l’oublier.

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