~Tous les bruits de la rue

meurent au loin

chant des cigales

Shiki

 

 Après deux jours de fête, chacun s’en retourne à ses occupations. Qui a ses champs, qui a ses bêtes. On range les beaux habits et on se remet à penser au travail à faire. Les enfants, eux, n’ont qu’une envie, prolonger ces beaux moments qui font que le temps passe bien plus vite.

Elise est lasse d’aider à la ferme. Elle n’aime des jeunes fermiers que leurs bras, et ce, le temps d’une danse. Une seule ! Elle se sent prisonnière d’un monde qui se dit être le sien. Ce qui l’attire c’est un tout autre devenir. Elle ne sait encore quel visage prendra son destin mais il faudra bien qu’il lui offre autre chose que cette campagne puante !

C’est à elle, ce matin, de conduire les bêtes aux champs ! mais elle se fait attendre. Les vaches meuglent et le père hurle, pas assez fort, encore, pour la faire sortir de la chambre. Elle veut finir la lecture commencée. Tant pis si elle récolte quelques coups, le roman en vaut la peine. Son corps de toute façon a l’habitude de ce genre de caresse ! A peine si elle garde quelques traces de ces colères paternelles. Pour elle, ces marques, signe de sa désobéissance, sont sa fierté, ses médailles.

Qui viendra la sortir de ce monde grossier ?

Ne compter que sur elle ! Dans les livres qu’elle lit, il y est toujours question d’amour, de rêves, de fuites. Elle, elle n’est pas aussi stupide, elle ne croit pas en cela. La vie, sa vie, n’est pas celle qui s’écrit dans ces romans. Elle va lui donner plus de relief.

Le père hurle et part en claquant la porte !

Elle a gagné aujourd’hui. Elle peut refermer, sans crainte, le livre et penser à ce qu’elle désire réellement ! Facile et résumable en un seul mot : liberté !

Les cigales chantent, l’été s’étale, devant elle, à cet instant, s’ouvre tous les possibles !

Retour à l'accueil