Vendredi 23 janvier 2015

De nouveau seule dans la chambre.

J’ai besoin de ce silence. Beaucoup d’interrogations suite à l’incident d’hier.

Qu’est-ce qui m’a le plus atteinte ? La colère, la souffrance de cette femme. Je n’ai pas su, pas pu, me protéger de cela. Atteinte dès son entrée dans la chambre.

Aujourd’hui jour de lessive. Durée d’une machine : 45 minutes.

Je pense au recueil « jour de colère ». En moi l’écho d’un de ces poèmes, l’auteur aussi Pierre Emmanuel. Ai noté dans mon carnet : vérifier le nom !

 Jour de colère (1942), « Hymne de la Liberté ».

 

 

 

 

 

5

 

 

 

 

10

 

[…]
 O mes frères dans les prisons vous êtes libres
Libres les yeux brûlés les membres enchaînés
Le visage troué les lèvres mutilées
Vous êtes ces arbres violents et torturés
Qui croissent plus puissants parce qu’on les émonde
Et sur tout le pays d’humaine destinée
Votre regard d’hommes vrais est sans limites
Votre silence est la paix terrible de l’éther1.
Par-dessus les tyrans enroués de mutisme
Il y a la nef silencieuse de vos mains
Par-dessus l’ordre dérisoire des tyrans
Il y a l’ordre des nuées et des cieux vastes
Il y a la respiration des monts très bleus
Il y a les libres lointains de la prière
Il y a les larges fronts qui ne se courbent pas
Il y a les astres dans la liberté de leur essence
Il y a les immenses moissons du devenir
Il y a dans les tyrans une angoisse fatale
Qui est la liberté effroyable de Dieu.

 

Retour à l'accueil