Ils étaient beaux. La vieillesse les avait épargnés. Les cheveux blancs brillaient, se confondant avec le creux des vagues. Les gestes étaient légers, la natation fluide.

Main dans la main, on les avait vus arriver, se dévêtir pour enfiler leurs tenues de bain et courir pour plonger.

La mer semblait les bercer plus que les autres, les enlaçant lorsqu’ils osaient un baiser. Elle se mit même à les courtiser. C’était l’impression que l’on avait si l’on s’attardait sur le spectacle. Oui, c’était entre eux et elle, une parade d’amour qui les incitait à se perdre encore un peu plus, à se laisser séduire par l’appel des profondeurs. Ils retrouvaient leur liberté, leur jeunesse.

Autour d’eux, une frontière d’eau. Jalousement, elle les appelle à elle, les sépare des autres nageurs, se les accapare. A moins que ce ne soit l’inverse ! que ce soit eux qui la retiennent entre leurs bras.

Tous les trouvaient attachants. Les regards se figeaient. On ne pouvait résister.

Ils ne se quittaient pas. Ils nageaient l’un avec l’autre, l’un contre l’autre, côte à côte, indissociables.

La symbiose entre eux et ce vaste espace étaient totales. Ils nageaient s’éloignant du monde. Chacun aurait voulu les retenir. Cela n’aurait servi à rien.

La mer, naturellement, ouvrit ses flots. Ils vinrent à elle, tout en douceur.

Elle les laissa faire.

Elle recouvrit simplement d’une vague un dernier baiser.

 

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