Les enfants avaient délaissé leur ballon. Ils s’étaient attelés à la construction d’un château de sable. Pendant quelques minutes, leur père les avait aidés, puis était retourné auprès de sa femme.

Eux ne s’en préoccupèrent pas tant ils étaient concentrés sur la construction des murs, des tours. Parfois une vague s’approchait trop près et tous pouvaient les entendre rire, crier. Ils ne voulaient pas que tout s’effondre.

Le château est terminé. Il exhibe fièrement ces quatre donjons, ces murs hauts, mais qui déjà s’effritent sous les attaques tranquilles des vagues qui viennent mourir sur la plage. Après plusieurs tentatives de reconstruction, ils abandonnent, renoncent. Ils prennent désormais plaisir à regarder leur œuvre se noyer dans la mer.

La construction reste alors inachevée, sur une plage, qu’eux aussi, ils vont déserter. Il est temps de rentrer.

Que restera-t-il après leur départ ?

Deux monticules sans forme et au milieu comme un petit lac.

En rejoignant leur voiture, la famille croise un couple d’un âge avancé. Ils sont beaux et se tiennent par la main. C’est surprenant car cela ne semble plus un geste que l’on leur autoriserait.

Ils regardent les enfants, leur offrent un sourire et tranquillement continuent leur chemin.

 

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