L’aller retour avait pris peu de temps ! Mais cela l’avait contrarié car pour lui c’était du temps perdu. L’oubli était de sa faute. Il s’était promis de faire attention à tout et voilà que ce parasol venait contrarier ses projets, leurs projets.

Il était certain qu’Eva ne lui pardonnerait pas cet acte ! les négociations allaient être âpres ! il en avait l’habitude.

Mais cette fois ce qui était en jeu, c’était leur couple. Ce n’était pas sans importance !

C’est vrai que depuis un certain temps tout allait mal entre eux. Un fossé ! c’est le terme qu’elle a employé. Un fossé s’est creusé. Mais il ne se sent pas complètement responsable de cela. Le travail, les soucis, et l’on ne pense plus à soi et à l’autre. On avance sans aucune réflexion. On essaie de faire que rien ne s’effondre. Mais l’on ne voit pas que les murs déjà s’effritent et que les fissures gangrènent le couple. Le temps de s’en apercevoir que déjà c’est la catastrophe. Les fondations vacillent.

Il a essayé maintes fois d’expliquer à Eva que son travail l’emporte, qu’il n’y peut rien, que la pression est trop forte. Elle doit essayer de le comprendre. C’est un mauvais passage Rien d’autre ! il ne veut pas de la séparation.

Et si on partait en vacances ! A la mer. On a encore ces paysages en partage.

Il veut y croire, elle aussi.

Et voilà que cet oubli pourrait tout remettre en cause. Réparer ! il doit penser à une réparation possible.

Le parasol sous le bras, il se dirige vers la plage, se demandant bien comment il allait pouvoir se faire pardonner. Il n’était pas question que tout s’arrête!

De loin, il l’aperçoit. Elle est restée immobile à l’attendre. Elle fixe la mer. A quelques pas d’elle, une femme fait de même. Il entend des cris, des appels, mais il ne distingue pas ce qui est dit. Elle ne se lève pas mais il la voit se retourner. Elle a su qu’il arrivait. Sa colère semble s’être apaisée.

Toujours cette agitation sur la plage. Du mouvement, des appels.

Il voit l’autre femme se lever, prendre ses affaires et partir.

Ils se croisent, leurs regards aussi.

Eva l’attend, elle ne bouge pas, mais un sourire semble se dessiner sur son visage.

Au sol, devant elle, une serviette blanche sur laquelle sont élégamment pliés des vêtements ! De l’ordre dans le désordre de leur vie, de la plage.

Y voir un heureux présage !

 

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