C’est au moment de l’installation, que j’ai vu qu’il avait oublié le parasol. Cela m’a mise dans une colère noire. La plage à cette heure, sans parasol, c’est impossible. On n’a pu éviter la dispute ! Pourtant je m’étais promis de ne pas faire d’esclandre pendant cette semaine de vacances.

C’était notre dernière chance. Un test en quelque sorte. Pas de disputes et l’on ne se séparait pas. Cet oubli venait tout compromettre ! A croire qu’il l’avait fait exprès. Le doute s’est installé en moi mais je n’en ai pas parlé.

Je l’ai laissé aller chercher ce foutu parasol ! Moi j’ai attendu. Je n’espérais plus rien.

Je pensais à ce qui avait été bien dans notre histoire et également à ce qui faisait que désormais, notre séparation n’était plus discutable. Nous nous étions éloignés l’un de l’autre. La distance était trop grande. Aucun de nous deux, n’aurait le courage de la parcourir.

J’avais chaud, pas envie de me baigner, je ne pouvais donc rien faire d’autre qu’attendre son retour et le réconfort d’une ombre réparatrice.

C’est alors que j’ai vu cette femme qui, seule elle-aussi, semblait m’observer. Son regard me gênait ! Il ne me quittait pas. J’avais envie de lui demander ce qui lui déplaisait mais je n’osais. Je savais qu’elle avait suivi la dispute et qu’elle nous trouvait pitoyables. On l’était, je ne pouvais le contester. Tout était pitoyable dans notre couple, il n’y avait plus rien de bon.

J’ai envié sa solitude.

Durant l’attente, j’ai presque eu envie de me rapprocher d’elle et de lui confier ma souffrance. Mais elle s’est détournée. J’en ai fait de même.

Un couple âgé, se prenant pour des enfants, courraient vers l’eau. Ils se tenaient la main et avaient laissé trainer sur le sable une serviette blanche sur laquelle ils avaient posés, élégamment pliés, leurs vêtements. C’était étrange !

Je me suis attardée sur leurs traces de pas dans le sable et j’ai pensé que je ne vivrai plus cela avec Antoine. Nos pas ne seraient plus unis. On marchait désormais à contresens de l’autre.

C’est alors que j’ai entendu des cris, des appels. Je n’ai pas immédiatement compris pourquoi. Les pas dans le sable commençaient à s’effacer comme se sont effacés les deux nageurs dans l’eau.

J’ai eu envie de faire de même.

Laisser sur le sable ma serviette et la sienne. Fuir !

Mais Antoine arrivait et de nouveau mon cœur chavirait.

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