Le 5 juin 1979, je recevais un télégramme que j’ai gardé. Joyeux anniversaire. Aujourd’hui, il a toute sa valeur puisque disparu de nos paysages…C’est presque un témoignage historique ! une autre époque.

En le redécouvrant me revient le très beau texte de Michaux. En voici quelques extraits :

Télégramme de Dakar.

Dans le noir, le soir.

auto dans la campagne.

Baobabs, Baobabs,

baobabs,

Plaine à baobabs.

 

Baobabs beaucoup baobabs

baobabs

près, loin, alentour,

Baobabs, Baobabs.

 

Dans le noir, le soir,

Sous des nuages bas, blafards, informes,

loqueteux, crasseux,

en charpie, chassés vachement

par vent qu'on ne sent pas,

sous des nuages pour glas,

immobiles comme morts sont les baobabs.

 

Malédiction !

Malédiction sur CHAM !

Malédiction sur ce continent ! (…)

baobabs

baobabs

peut-être jamais plus

baobabs

baobabs

baobabs.

 

Tant de cartes aussi qui me parlent du temps qu’il fait, qu’il a fait, qu’il fera. Pluie, soleil, orage, neige et vent. Des années de météo.

Et tant de courage et de force souhaités, d’amitié jurée, de tendresse promise, de séparation impossible.

Sur une carte, recopiée d’une belle écriture à l’encre noire ce texte du Petit manuel du Bouddha : «  L’amour au passé n’est qu’un souvenir. L’amour au futur n’est qu’imagination. C’est seulement ici et maintenant que nous pouvons réellement aimer. »

Que dire d’autres ?

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