Le grenier d’Edwige

 

On y accède par un vieil escalier. La trappe lourde à soulever ne se laisse pas apprivoiser facilement. La lumière pauvre, presque absente. Si l’on y monte, les pas se font maladroits. La chute n’est jamais loin. Quelques objets s’entassent, souvenirs sans noms, sans mémoire pour les faire vivre. Absence, vide. Le temps fige l’ensemble. Même la poussière n’ose perturber ce désordre.

En vain, on y cherche une malle, une carte au trésor, une caisse de bois et ses jouets. En vain !

S’entassent des piles de journaux, bonnes ou mauvaises nouvelles, qu’importe désormais ! Jaunies par le temps, froissés par le vent qui ose s’engouffrer sous les vieilles tuiles. L’odeur même de la vie est absente. Le lieu est un vaste désert.

Edwige n’avait pas menti en racontant à sa fille que sa vie avait ressemblé à cet endroit, aride et vide dans laquelle tout de même, il y avait eu le seul bonheur de sa maternité.

De ses parents, d’Henri son père, elle n’avait jamais rien dit. Elle les avait laissés eux-aussi à leur solitude.

Edwige dans son désir d’un ailleurs meilleur avait tout abandonné à cette maudite ferme, ses parents, ses souvenirs. Elle était partie un matin sans rien laisser derrière elle. Pas même une trace de regret.

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