Elle n’aime plus les hivers.

Elle sait les avoir aimés.

Elle a connu les marches dans le blanc du paysage, la neige dans une cour de récréation. Parfois aussi, il y a eu l’impossibilité de se déplacer, de mettre le nez dehors comme on le lui disait. Ne mets pas le nez dehors il fait un froid de canard ! Cela entraînait des matinées qui s’étiraient.

Elle avait connu de ces hivers tous les petits événements, ces petites choses qui ont rempli son enfance et elle avait aimé cela. Aujourd’hui, ils ne peuvent lui appartenir, elle aurait même envie de les fuir. Elle irait alors vers des terres brûlantes. Des terres dont elle ignore tout, si ce n’est leur existence.

Il arrive que parfois la neige vienne surprendre la ville méditerranéenne qui l’abrite. Elle a alors 10 ans, 20 ans. Elle trépigne, elle jubile. Elle aime que son hiver vienne lui dire bonjour. Mais elle lui demande de ne pas durer, de simplement passer comme le font les oiseaux migrateurs.

Elle  s’installe alors derrière la vitre pour regarder la neige fondre sous le soleil de l’après-midi.

Pour elle, c'est comme un coucher de soleil.

 

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