Les journées, parfois, peuvent commencer sur une série de mini-catastrophes. C’est ainsi qu’elle en parle lorsqu’elle les évoque. C’est, par exemple, se rendre compte qu’il n’y a plus de café ! elle a complètement oublié d’en acheter ou plus de lait. En tout cas, un matin, elle se retrouve face au manque de ce qui lui est nécessaire. Le café, impossible de s’en passer. Quel oubli stupide ! Elle sera obligée de sortir, non pas pour en demander à un voisin, elle n’oserait, mais aller jusqu’à la supérette du coin.

Et puis dans les imprévus, se rendre compte, une fois la porte fermée, que la pluie commence à tomber, s’en apercevoir à mi-étage lorsqu’elle croise, dans les escaliers, un voisin qui évoque en elle l’image d’un rat mouillé. Trempé de la tête au pied ! Un pauvre petit rat mouillé !

Il faut donc remonter un étage, rouvrir la porte, prendre un parapluie, s’encombrer d’un objet dont on voudrait bien se passer. Aujourd’hui on ne voudrait pas de pluie. Simplement la douceur d’un printemps qui s’installe.

Mais c’est aussi, dans ces mini-catastrophes, avoir le désir de prendre un bus, que l’on attend, qui ne vient pas. Grève surprise ! Attente interminable, insupportable ! Choisir alors le taxi pour aller plus vite. Elle ne peut remettre à un autre moment ce qu’elle a à faire. Elle a des rendez-vous importants, elle aussi, malgré son âge ! Accepter de partager ce taxi avec un inconnu au regard gris, au regard mort. Ils n’auront même pas le plaisir de discuter, il n’a rien à dire alors qu’elle a tant de choses à partager.

Que les gens sont tristes dans ces jours de pluie, de grèves surprises, d’imprévus!

Et puis parfois, la journée se déroule tranquillement. Il ne manque rien, même pas le soleil. La vie suit son cours. Tout est à l’heure, tout fonctionne, même les bus. Les gens sourient, parlent, s’interpellent.

Et pour elle, c’est si rassurant !

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