Promenade dans la ville. Puis, sans n’avoir rien préparé, nous décidons de nous rendre aux gorges du Todra avant de dîner. C’est à une quinzaine de kilomètre. Départ dans un taxi collectif qui emprunte la route longeant les palmeraies (les plus belles du Maroc à ce que l’on dit !). C’est vrai, on ne peut que le constater !

Le taxi s’arrête de temps en temps pour prendre des passagers : femmes, enfants. C’est pittoresque. Les gorges sont magnifiques.

Ce jour-là, nous prendrons le risque de rester coincées dans ce lieu, loin de notre hôtel, de nos bagages, sans nos papiers et dans le soir qui tombe et l’inquiétude qui s’installe. N’avions-nous pas été imprudentes ?

Notre chauffeur nous avait dit qu’il repasserait à sept heures. Pouvions-nous le croire ? Aucune certitude ! Les gorges se vidaient de leurs visiteurs, le froid s’installait et la nuit aussi. En moi le goût de l’aventure prenait une saveur différente.

Un jeune berbère attend de son côté son taxi. Il nous propose de partir avec lui car dit-il notre chauffeur ne reviendra pas. Nous acceptons. La discussion est agréable comme toujours. Il nous invite à prendre un thé selon la tradition berbère. Cela ne se refuse pas. De plus, il nous précise que sa mère vient d’accoucher d’un garçon et cela se fête. Comment ne pas acquiescer à sa demande !

On nous reçoit, nous offre le thé, on nous fait des tatouages, toujours en prétextant la tradition et l’hospitalité berbère!

Puis, on commence à nous montrer tissage, laine, couleurs, et rapidement des tapis que l’on nous propose d’acheter. Nous nous sentons piégées, à l’étroit dans une maison dont nous ignorons tout. Je me revois assise sur le sol à me demander comment sortir de cette pièce sans froisser les uns et les autres mais surtout sans tapis !

Difficile de faire entendre que notre but ne soit pas de ramener un tapis ! Seulement des images, des sensations, des sentiments.

Je me souviens que le moment fut rude ! Quittant cette maison, nous croisons un jeune garçon qui nous précise que nous avons eu raison de refuser ces tapis. Nous aurions payé de lourdes taxes à l’aéroport !

A notre retour à l’hôtel, impossible de trouver de quoi manger. En fait, il y a un match à la télé et tous les marocains sont devant leurs postes. Aucune femme dans la salle de restaurant de l’hôtel. On se couche donc le ventre vide en se nourrissant de l’espoir d’un voyage parfait vers Ouarzazate notre prochaine destination. Pour moi, les portes du désert.

De belles promesses !

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