Elle allume la radio. Les nouvelles elle ne les écoute pas vraiment. A quoi bon ! La radio lui parle d’un monde auquel il lui semble ne plus appartenir. Un monde qu’elle finit de traverser sans vraiment s’y intéresser. Elle a fait son temps et le lui en a donné. Elle attend la fin, sa fin. En elle, aucun état d’âme. Elle en a assez vu, assez fait. Elle s’autorise maintenant à penser à un ailleurs possible et à un repos éternel bien mérité.

De la cuisine, dont elle a ouvert les volets, elle aperçoit devant l’immeuble un camion de déménagement. L’escalier va être difficile d’accès. C’est habituel ! A chaque déménagement, et il y en avait eus, ils s’encombrent de cartons, d’hommes en salopette, de mille choses qui viennent perturber la tranquillité de l’immeuble. Les portes claquent, les bruits se font envahissants, l’espace n’appartient plus aux locataires. Elle n’a rien contre ce va et vient, c’est la vie, les départs, les arrivées ! non ce qui la gêne c’est que les escaliers deviennent tout à coup si étroits !

Son installation à elle, elle l’a oubliée. Elle ne sait même plus comment et par qui les cartons ont été préparés. Etrange sensation ! On a beau appeler les souvenirs, il y a un moment où ils ne viennent plus. Et aucune réclamation à faire ! la perte est définitive. Enfin, elle le croit !

Il faudra tout de même qu’elle essaie de savoir qui emménage. Elle n’est pas du genre à se mêler de la vie des autres. Son genre à elle, c’est plutôt bonjour bonsoir. Pas par égoïsme mais bien par pudeur. Aujourd’hui, elle demandera. C’est toujours bon de connaître les nouveaux arrivants. Elle sait que l’appartement au-dessus d’elle est libre. C’est celui-là certainement qui se remplira. Peut-être un jeune couple ou mieux un veuf. Elle se devrait alors de l’inviter. Ils se tiendraient compagnie, parleraient de leurs défunts, et joueraient aux cartes si il le veut ! elle n’aime pas ça mais elle apprendra à aimer à jouer.

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