Un déplacement en bus moins long mais tout aussi intéressant. Longue discussion avec deux marocains. Ce que je retiens de cet échange : beaucoup d’amertume. Comme une impression de n’avoir aucun salut. Le désespoir en quelque sorte !

Partir et mourir en mer semble être la meilleure solution pour l’un d’entre eux.

On ne semble pas croire au changement mis en route par le roi. On ne croit qu’en Allah. Cela semble être le dernier refuge.

Le bus transporte de nombreux passagers. Trop ! Il est interdit d’être debout mais certains ne peuvent faire autrement. Un policier nous arrête. Cela va prendre quelques minutes. Il monte, regarde, observe, sort. Ce sera peut-être un PV ou autre chose ! Ici on s’arrange aisément avec quelques billets. Cela aussi n’a donc pas changé !

De l’hôtel, au loin, je peux apercevoir le désert. C’est simplement beau. L’espace appelle au repos et à la contemplation. On se laisser emporter.

La route que nous avons empruntée traverse un paysage de pierre rose avec peu de verdure. Au loin quelques nomades. On peut apercevoir les tentes et des troupeaux. Pourtant l’eau se fait rare. Il n’a pas plu depuis cinq ans.

C’est une évidence pour nous : ce que nous voyons est magnifique. Mais nous ne pouvons oublier que ceux qui vivent ici le font dans la souffrance et la pauvreté. Honteux ! Honte pour vous ! C’est ce  que nous dit un vieil homme parce que nous lui avons refusé l’aumône. Honte sur nous tous !

Il viendra plus tard dans le bus s’excuser. Mais la coupure est là en nous. Elle nous a atteintes et laisse une cicatrice amère.

Sentiment pour moi d’impuissance. Que faire ? Que dire ?

Se taire. Regarder le désert et se perdre dans cette contemplation.

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