Ce qui est étonnant avec les journaux de voyage, c’est que, même si le temps a passé et que depuis d’autres paysages, d’autres envies, ont traversé nos vies, lorsqu’on les redécouvre, c’est la surprise de n’avoir aucun mal à emprunter les mêmes chemins.

Le départ pour Hanoi, c’était fait avec beaucoup de retard. Des événements imprévus qui vous font frémir. Ce matin-là, une valise traine, abandonnée porte quarante-sept. Oubliée, suspectée, et cela implique un périmètre de sécurité.

Qui peut ainsi oublier sa valise ? Un étourdi ? Un inconscient ? Un désespéré ? Moi cela m’embêterait de laisser un peu de moi sur un bout de sol.

Dans mes rêves de voyageuse, l’envie parfois comme une évidence, de partir sans rien, si ce n’est mon passeport. Mais, jamais je n’ai eu l’idée de poser ma valise devant une porte d’embarquement. De la laisser seule, de lui tourner le dos et de lui dire entre nous deux c’est fini ! je pars sans toi !

Finalement la valise sera entourée, explosée ! Son propriétaire ne sera pas venu la reconnaître.

C’est vrai, je le sais, j’y crois : nous partons enfin pour Hanoi !

Dans la nuit de l’avion, un moment d’interrogation. Le silence a posé en moi un certain nombre de questions. Je les laisse sans réponse. Etrangement, l’existence de ce moment-là me rassure.

Une certitude alors surgit et je ne peux l’expliquer, je ne voudrais pas partir seule.

Aujourd’hui, je peux affirmer que c’est toujours avec les autres, que j’ai découvert les paysages croisés dans mes lectures.

J’ai noté l’heure de l’escale : 8h45. J’ai précisé, heure à ma montre.

Arrêt à Dubaï. A l’époque, l’aéroport est en pleine construction. Si je ferme les yeux je peux encore voir la beauté du lieu et surtout sa richesse : l’or est partout ! Je n’en avais jamais vu autant.

Nous nous installons dans une salle aux couleurs locales. Vert de l’armée, voiles des femmes, courbures orientales. Le dépaysement est assuré ! Nous ne pouvons comprendre ce qui se dit. Et c’est bien ! Peu après, nous nous rendrons compte que nous n’étions pas dans la bonne salle. Personne ne s’était étonné de notre présence. On nous avait accueillies avec courtoisie.

2 heures du matin le 9 avril, réveil en douceur. J’ai perdu cinq heures entre deux nuages. Je lance un avis de recherche.

C’est l’anniversaire de ma fille ! Je ne peux qu’y penser. Elle m’a laissé partir et c’est sans moi qu’elle le fêtera. Quel beau cadeau de sa part.

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