Pour les vacances, c’était toujours la même chose. On partait chez les grands-parents. On avait beau dire non, personne ne tenait compte de notre avis. Papas avait trop de travail. Maman devait s’occuper du dernier.

Nous les grands, elle ne voulait pas nous avoir entre les jambes. C’est ce qu’elle disait !

Les premières fois on pleurait, après on râlait simplement.

Paul disait qu’il préférait la mer, mais cela ne changeait rien. Le premier jour des vacances, on nous mettait tous dans le train, direction la montagne.

Les grands-parents avaient une ferme. Deux mois de travaux forcés nous attendaient.

Le plus dur c’était le premier jour. A peine les valises posées, le grand-père nous embarquait pour l’aider aux foins. Aucune pitié pour mon asthme ! Grand-mère, c’est des bêtes qu’elle s’occupait Elle comptait sur ma sœur Lise pour l’aider. Mais Lise détestait l’odeur du lait. On n’y pouvait rien c’était comme ça. A moi l’asthme, à elle l’odeur du lait. Parfois le soir, elle en vomissait. Pour moi, c’est sa haine du lait qu’elle crache.

Et puis après on s’habituait .Pas le choix.

Et du lundi au dimanche, c’était toujours la même chose, on espérait la rentrée des classes.

Quelquefois le soir, j’avais envie de m’échapper. Me faire la belle. C’est comme ça qu’on dit. Me donner un frisson de liberté. Oh ! je n’allais pas loin Je m’asseyais sur la dernière marche de l’escalier montant à la grange. Je me faisais mon cinéma.

Au loin, j’entendais le gémissement de la montagne. Je me sentais moins seul. Et puis, il y avait toujours un cri d’animal. Je regardais le ciel et je m’amusais à pisser comme les grands. Un jet long et puissant. Je n’y arrivais pas toujours. Je savais qu’un jour je serais fort et que je transformerais le monde. Je m’inventais d’autres vacances et surtout plein de souvenirs. Il fallait bien que j’ai de quoi raconter à la rentrée !

C’était toujours le sujet de la première rédac !

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