Et la mer se souvient…

Du bruit de ses vagues contre les rochers,

De l’odeur salée de son écume,

De la tendresse du vent qui passe et repasse,

Du cri des amants fous d’amour,

Et des enfants fous d’ivresse.

Elle se souvient qu’elle les avait trouvés beaux, ces deux-là, malgré leur âge. Leurs cheveux blancs brillaient, se confondant avec l’écume des vagues.

Elle les avait bercés plus que les autres, les enlaçant avec force lorsqu’ils osaient un baiser. Elle se souvient les avoir courtisés, afin qu’ils se perdent davantage. Elle désirait les voir se perdre dans es profondeurs. Ils ne se quittaient pas. Ils nageaient l’un contre l’autre. Ils ignoraient, dans leurs caresses, le regard désapprobateur des autres nageurs. Ils nageaient dans l’appel de leur désir et l’envie de s’éloigner de ce monde.

Et la mer se souvient qu’elle n’eut presque rien à faire. Elle ouvrit ses flots, comme la mère ouvre ses bras à l’enfant qui l’appelle. Ils se laissèrent faire. Elle les accueillit dans un dernier baiser

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