Mon cher amour,

Il y a tant de choses à vous écrire, cher ami, que je ne sais pas par où commencer. J’ai l’envie furieuse de m’introduire dans vos rêves, sur la pointe des mots.

J’écrirai en douceur, sans faire de bruit, pour ne pas vous réveiller. Lisez-moi au détour de vos nuits.

Que faites-vous de votre vie ? Vos rêves vous absorbent sans ménagement. Je suis là, à vos côtés, et j’ai parfois l’impression que votre regard ne me voit pas. Ce matin, pour vous éveiller, j’ai mis la robe que vous m’aviez offerte, un de vos derniers cadeaux. Vous l’avez à peine remarquée. Vous buviez votre thé et vous n’avez pas prononcé un seul mot. Vous étiez plongé dans un ailleurs, certainement une de vos images nocturnes.

Vous êtes sorti sans même un geste, calmement, comme un nuage dans un ciel d’été. La porte elle-même s’est interdit de faire du bruit.

Et c’est toujours ainsi.

Comprenez, cher ami, que j’en ressente une certaine lassitude. Ne voyez pas en ma réaction un accès de jalousie. Non, surtout pas, ce serait une grande déception pour moi. Non, je ne suis pas jalouse, peut-être encore amoureuse. Et cela vous pourriez me le pardonner.

C’est pourquoi, il me faut maintenant, vous dire tranquillement, qu’à votre retour vous trouverez la maison vide. Il restera dans la salle de bain un peu de mon parfum. Je vous le laisse et vous souhaite de beaux et doux rêves.

Votre amie

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