Des petits riens.

Ce n’est pas grave s’il pleut ce matin. Tout ira bien puisque nichée au creux de la page j’écrirai.

Sur moi, sur toi, sur tous ces petits riens qui rythment notre vie, c’est sur tout cela que j’écrirai.

Ce n’est pas grave, si les bruits de la ville qui se réveillent, m’empêchent de t’entendre. Je connais tous tes mots comme toi les miens.

J’ai encore dans le regard des poussières de sommeil. Le cri des enfants, leurs appels pressants ont eu du mal à me sortir de ma paresse.

Et ce fut l’heure de partir. Je marchais tranquille, émerveillée par l’odeur de l’automne. Le silence a éclaté sous le bruit. La ville m’a réveillée définitivement.

Autour de moi les voix me bercent et me parlent, mais je voudrais rester silencieuse.

C’est alors que j’ai pensé à l’araignée tuée ce matin. Posée sur le mur blanc de la cuisine, elle venait déranger l’harmonie de notre déjeuner. Tache sombre. Elle était prête à tomber dans le bol de lait encore fumant. Cela faisait deux jours qu’elle s’appropriait notre espace. On lui avait laissé le temps de partir. Mais, arrogante, elle n’en a rien fait. Elle a laissé passer sa chance. Ferons-nous de même ?

Toutes ces voix autour de moi à rappeler qu’il est temps de se mettre au travail.

Déjà je pense à ce soir, à la venue de la nuit, et au creux douillet d’un lit.

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